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Lutte contre la criminalité financière

Le Maroc dispose d'un arsenal juridique de nature à contribuer à la lutte contre la criminalité financière, a affirmé jeudi à Oujda, le premier président de la Cour suprême, Driss Dahak.

Dans une intervention à l'ouverture du "7e séminaire scientifique régional" organisé sous le Haut patronage de S.M. le Roi
Mohammed VI sur le thème des "crimes financiers et arrêts de la Cour suprême", M. Dahak a ajouté que le Maroc, pays signataire de nombreux accords internationaux en la matière, a mis au point un "plan national de lutte contre la corruption" et a promulgué divers décrets et lois pour la répression des crimes financiers, tels que le blanchiment d'argent, la corruption, le financement du terrorisme, la contrebande, le trafic de drogue et la fraude fiscale.

Le rôle du magistrat revêt désormais une importance capitale dans la moralisation de la vie publique et la protection des deniers publics, a-t-il dit, rappelant à cet égard le contenu du discours royal d'Agadir en 2002.

M. Dahak estime que l'essor économique et l'amélioration du niveau de développement humain que connaît le Maroc vont certainement contribuer à la réduction des crimes financiers, ce qui aura pour effet salutaire de faciliter aux juges la mission de moraliser la vie publique.

Selon M. Dahak, les crimes financiers ont pris de l'ampleur à l'échelle planétaires ces dernières années en raison de la concentration des efforts des Etats sur la lutte contre le terrorisme. De nombreuses bandes criminelles commencent à s'organiser en vastes réseaux mondiaux spécialisés dans le trafic de fonds, de drogue et d'armes, ainsi que dans le financement du terrorisme, a-t-il fait observer.



Ces réseaux ont acquis un fort professionnalisme et, au-delà du blanchiment d'argent et du trafic de fonds, étendent leurs activités au trafic des cellules et gênes humains et de produits interdits à la commercialisation, a indiqué M. Dahak, précisant qu'elles sont nombreuses les juridictions et les organisations internationales à appeler à un développement des mécanismes d'action, de surveillance et de coordination en matière de lutte contre ces phénomènes nuisibles pour l'économie et les valeurs humaines.

Le détournement de fonds, dans les pays du nord comme dans ceux du sud, a pris l'envergure d'un "phénomène du temps", a-t-il fait remarquer, estimant que la lutte contre les crimes financiers risque de gagner en complication avec l'apparition de la monnaie électronique.

De son côté, le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, a indiqué, dans une communication lue en son nom, que les crimes financiers et économiques représentent environ 10% de l'ensemble des dossiers traités au niveau des différentes juridictions du Royaume.

La lutte contre ce genre de crimes, qui prennent la forme de détournement, de corruption, de trahison, de trafic de drogue, de contrebande, d'atteinte à la propriété intellectuelle et de blanchiment d'argent, occupe une place privilégiée dans la stratégie pénale, a ajouté le ministre, estimant qu'il s'agit de "crimes à coût élevé en termes économique, financier, politique et social".

Le ministre a évoqué l'arsenal juridique de répression de la corruption, des détournements et dilapidation des deniers publics, de falsification des billets de banque et des documents et des fraudes sur les poids et qualités des marchandises, citant notamment la loi sur la concurrence, le Code du commerce et la législation réglementant les activités des banques, des changes et des assurances, auxquels s'ajoutent les dispositions des conventions internationales approuvées par le Maroc.

Les débats ont été centrés sur les moyens de traiter ces phénomènes qui ont pris de l'ampleur sous diverses formes avec la mondialisation et le développement des moyens de communication.

Ce séminaire, le 7e du genre, est organisé par la Cour suprême en association avec les Cours d'appel d'Oujda, Nador et Al-Hoceima, dans la perspective de son cinquantenaire en septembre prochain.

Les précédents séminaires ont eu pour thème "La location à usage d'habitation et de commerce", "Les affaires matrimoniales", les "actes administratifs", "L'expropriation pour utilité publique et exécution des jugements", "Les questions d'investissement et d'arbitrage" et "Les contentieux immobiliers, électoraux et fiscaux".

Sourse: Map

Photographie: Belbachir

 

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