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L’événement : Lancement du Fonds d’Investissement de la Région de l’Oriental

25 يونيو 2007

 

Couverture :Imane Berradi

photographie :Abdennasser Belbachir

 

Afin de poursuivre la promotion économique de la région orientale, un Fonds d’Investissement doté de 300 millions de dirhams a été lancé lundi 11 juin à Oujda par d’importants acteurs économiques et financiers, dont la Banque Centrale Populaire. Conçue pour dégager des rendements effectifs dans l’immédiat et une dynamique socio-économique à long terme dans la région, l’idée du Fonds est une initiative royale annoncée en mars 2003 et concrétisée en 2005.

DISPOSANT, comme toutes les autres régions du royaume, d’atouts importants mais encore inexploités, la région de l’oriental avait besoin d’une initiative pointue et rationnelle qui pourrait accentuer le développement multisectoriel, encourager de nouvelles filières et relever le niveau de vie de ses habitants. Le tout pour faire rouler le cycle traditionnel mais redoutable de la croissance économique : emploi, demande et consommation, épargne et réinvestissement... Un cycle qui, dans un climat sain et de concurrence loyale, ne peut que donner ses fruits. Le Fonds d’Investissement pour la région de l’Oriental, lancé officiellement le 11 juin à Oujda, est venu, dans cette même logique de relance par les investissements, booster les entreprises existantes et revitaliser l’économie de la région, jusque-là défigurée par l’informel.

Derrière, une volonté royale

Sur initiative royale, le protocole d’accord concernant le Fonds avait été signé le 6 avril 2005 à Rabat en présence du Souverain. L’engagement royal de relancer la région de l’Oriental par un Fonds d’investissement avait été exprimé en 2003. « Afin d’atténuer le chômage qui sévit chez la catégorie des jeunes dans la région, et de créer les conditions propices au travail et à l’auto-emploi, nous avons décidé de faire démarrer cette initiative avec une dotation de 30 milliards de centimes, auxquels s’ajouteront les apports de nombreuses institutions, pour financier les projets des entreprises et garantir les prêts qui leur seront octroyés ... », dit un extrait du discours royal du 18 mars 2003.

Un montage de seniors

Les maîtres du Fonds sont les plus importantes institutions publiques et privées qui croient fortement et techniquement à sa réussite. Pour Noureddine Omary, PDG du Groupe Banques Populaires, « ce Fonds qui détruira l’isolement relatif de la région orientale par rapport aux autres régions du Royaume, renforcera les entreprises ici installées ou les projets qui vont voir le jour... ».

Société anonyme à conseil d’administration, le Fonds d’Investissement de la Région de l’Oriental est doté d’un capital, de 300 millions de dirhams, détenu à hauteur de 20% chacune, par la Région de l’Oriental et l’Agence de l’Orientale, à 17% par le Fonds Hassan II et à parts égales de 7,17% chacune par les acteurs bancaires et financiers qui se répartissent le reste. Ce sont la Banque Populaire Régionale d’Oujda, BMCE Bank, Attijariwafa Bank, Crédit Agricole, la CDG et Holmarcom (Holding Marocaine Commerciale et Financière).

Ainsi l’aide pour chaque projet choisi serait sous forme de prise de participation pouvant aller de 10% à 35% dans des sociétés anonymes existantes ou qui veulent se créer avec un ticket d’intervention se situant entre un million et 30 millions de dirhams, pour une durée d’engagement dans le capital « pouvant aller de 4 à 10 ans si nécessaire pour la maturité de l’entreprise », a expliqué Noureddine Omary. Au moment où la société bénéficiaire acquiert une capacité de gestion et défensive commerciale, le désinvestissement du Fonds pourrait avoir lieu sous forme de cessions de la part de capital détenu, à des industriels ou par introduction en Bourse...

Le Fonds d’investissement sera géré par un Conseil d’administration présidé par la région de l’Oriental, un Comité d’investissement constitué des promoteurs du Fonds et enfin une équipe de gestion formée des cadres de la société gestionnaire « Forgest ». Cette dernière est dotée d’un capital de 2 millions de dirhams détenu à égalité (12,5%) par les mêmes actionnaires que ceux du Fonds, à l’exception de la Région de l’Oriental. Son conseil d’administration est présidé par la Banque Centrale Populaire qui l’accueille d’ailleurs provisoirement dans son siège, en attendant son propre local d’ici juillet prochain.

Vers une nouvelle zone économique

Dédié aux entreprises de la région orientale et à toute autre entreprise voulant s’y installer et investir, le Fonds est en effet un robuste outil financier pour aider les entreprises existantes à concrétiser leur stratégie de croissance, à élargir leur marché, bref à s’agrandir. Mais pas que pour les anciennes, le Fonds d’investissement pour la région de l’Oriental aide à faire aboutir les pertinentes idées de projets susceptibles d’avoir un impact socio-économique, réel et durable sur les habitants de la région. Conditions : les sociétés existantes ou les dossiers de projets devraient être créateurs de valeurs sures, avoir besoin des ressources naturelles de la région, mais avant tout, les projets doivent être initiés par des sociétés anonymes opérant dans la région, et ne traitant ni dans le négoce, ni dans le commerce de détail, ni dans l’immobilier ou les services financiers...

Les patrons sérieux et innovants ne peuvent donc que se réjouir de la possibilité, désormais effective pour leurs entreprises, de pouvoir se renforcer tant en terme d’appui qu’en terme de financement en fonds propres, et de la possibilité d’introduction à la Bourse de Casablanca.

Quant au trafic frontalier, la pertinence du travail des cadres de la FIROGEST consisterait dans la sélection « des bons projets pour la bonne région » en privilégiant les dossiers d’investissement portant sur le tourisme, la santé, le conseil en informatique, la logistique... Des projets qui pourraient tirer profit des grands chantiers balnéaires de Saïdia ou TangerMed. Et comme l’a signalé le wali de la région de l’Oriental, gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, Mohamed Ibrahimi, « personne ne peut d’ailleurs trafiquer le tourisme ».

 

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