Festival du raï : Les danses géorgiennes en prélude
Oujda/Ali Kharroubi
Les nuits du
raï ont démarré sur les chapeaux de roue. Les danses du Caucase
interprétées par une troupe géorgienne ont inauguré, lundi 16
juillet, la première édition de ce festival.
La première nuit du festival international du raï qu’abrite
Oujda a vibré sur les rythmes Reggada d’un Mokhtar Berkani
étincelant et de jeunes talents locaux qui ont donné pleinement
satisfaction. Une opportunité pour découvrir la célèbre troupe
géorgienne IMEDI et passer un moment de pur plaisir pour ces
milliers de spectateurs.
IMEDI (espoir en français) est une troupe constituée de
vingt-six danseurs dont quatorze filles. Ils sont âgés de dix à
seize ans. Des danseurs qui s’exercent quotidiennement pour
peaufiner leurs expressions. Ils sont encadrés par le
chorégraphe Ninindze Nugzar qui ne cesse de les motiver à fond
par des chorégraphies adaptées à leur âge. «Le secret de notre
maîtrise pour ces danses se résume en deux mots, assiduité aux
entraînements et entente entre l’ensemble des danseurs. Sans
harmonie de tempérament, il n’est pas facile d’exceller»,
explique le chorégraphe de la troupe qui affirme que ces jeunes
s’inscrivent dans la lignée des grands danseurs du Caucase et
qu’ils n’ont rien à envier aux meilleurs.
Le répertoire de la troupe IMEDI est composé des danses
populaires géorgiennes, inspirées de la vie quotidienne. Les
moments de joie ainsi que ceux de peine sont relatés de manière
saisissante. C’est un amalgame de tendresse, de tempérament
guerrier, d’équité et d’amour. Un répertoire qui puise sa
spécificité dans la danse populaire ou lyrique et les rituels
religieux. Beaucoup de mouvements plus souvent rapides et
circulaires pour mettre en exergue les tableaux exécutés en
coutumes traditionnelles. Il y a aussi des danses pour exhiber
le maniement des épées et des sabres pour impressionner sa
dulcinée et dissuader ses ennemis.
Les thèmes s’articulent autour d’une thématique qui symbolise la
fierté nationale et la vengeance par le sang en cas de
manquement de respect. Ces douze garçons qui manient sabres et
boucliers avec une surprenante précision enflamment la scène le
public. Plusieurs danses s’enchaînent à la perfection soit sur
les pointes des pieds ou en acrobaties circulaires. Le vol
aérien ponctue le spectacle en mouvement alors que la fluidité
des expressions féminines dévoile la timidité de pucelles
dissimulant leurs sentiments.
Chaque danse évoque une région géorgienne. C’est un voyage dans
le temps et dans l’espace au cœur de la culture géorgienne.
L’expression corporelle relate ainsi différentes facettes de
cette culture au niveau des habits, des arts, des armes et de la
vie sociale, en somme des préoccupations majeures d’un peuple,
en quête de fierté nationale.
Le récital est composé de treize danses aux noms différents.
Chaque chorégraphie met en exergue une région. Le voyage débute
à Partca-kalouri et s’achemine vers Khandelouri pour finir en
les Cvanouri et Oussouri représentants ainsi l’ensemble des
provinces du pays. «Nos danses relatent notre histoire et
consolident notre unité nationale. Cet art qui est transmis de
père en fils pérennise notre patrimoine culturel», a expliqué à
ALM Russiko Pitskhe, imprésario et directrice de la troupe au
Maroc.
Ces jeunes danseurs exhibent leur apport personnel à chaque
tableau. Du premier pas de danse jusqu’au dernier salut
collectif, les tableaux s’enchaînent délicatement mais avec une
rythmique ascendante qui dévoile une maîtrise parfaite de la
scène. Grâce pour les danseuses et souplesse pour leurs
partenaires : un spectacle chorégraphique haut en couleurs.